
En la dix-septième année de la République de Chine, à peine orpheline de ses parents adoptifs, Lillian fut vendue par son oncle pour dix pièces d’argent au domaine du Maréchal, destinée à servir de « mariée porte‑bonheur » au jeune commandant que l’on disait à l’agonie
Personne ne s’attendait à ce que, dès l’instant où elle posa sa petite main dans celle du Maréchal, le commandant — plongé dans le coma et suspendu à un fil — rouvre brusquement les yeux.
À partir de ce jour‑là, tout le domaine du Maréchal prit un tournant inattendu.
« Oui, oui ! » acquiesça-t‑elle gaiement. « Tout le monde me trouve trop mignonne et veut me chouchouter ! »
Lillian tapa dans ses petites mains, toute fière. « J’accompagne Monsieur le Gouverneur pour choisir des pierres précieuses ! »
Avec une assurance presque solennelle, elle ajouta : « Les écureuils savent repérer les pierres qui cachent des trésors… Leur petit nez est imbattable ! »
Dès lors, le manoir du Gouverneur, autrefois frappé par une série de malheurs, connut un renversement spectaculaire et devint la demeure la plus prospère du pays — objet de toutes les convoitises.